A 126

L’ATTITUDE DU CHRETIEN VIS- A- VIS DU PARDON
Matthieu 18 : 21-35
LEÇON 126 – COURS DES ADULTES
VERSET DE MEMOIRE : « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant, réciproquement, comme Dieu vous a pardonnés en Christ » (Ephésiens 4:32).
I Le Pardon Illimité
1. Pierre questionna Jésus concernant le nombre de fois qu’il devait pardonner à son frère qui l’aurait
offensé : Matthieu 18 : 21 ; Luc 17 : 3,4.
2. L’opinion de Pierre était que sept fois seraient suffisantes pour pardonner, mais Jésus répondit : « Jusqu’à
septante fois sept fois » : Matthieu 18 : 22 ; Michée 7 : 18,19 ; Romains 12 : 18,20 ; Ephésiens 4 : 32.
II Le Roi et Son Serviteur Débiteur
1. Le roi, demandant des comptes à ses serviteurs, remarqua que l’un d’entre eux lui devait 10.000 talents :
Matthieu 18 : 23,24 ; Romains 14 : 12 ; 2 Corinthiens 5 :10.
2. Le serviteur n’avait rien pour rembourser sa dette, alors le roi ordonna qu’il fût vendu : Matthieu 18 : 25
; 2 Rois 4 : 1.
3. Le serviteur demanda grâce, tout en promettant de payer toute la dette en temps utile : Matthieu 18 : 26.
4. Le roi eut compassion de son serviteur, et lui remit toute la dette : Matthieu 18 : 27 ; Psaumes 32 : 1,2 ;
40 : 2,3 ; 86 : 5.
III Le Serviteur Impitoyable
1. Ce même homme toujours serviteur, ayant trouvé un camarade de service qui lui devait 100 deniers, exigea le
remboursement immédiat de sa dette : Matthieu 18 : 28 ; Ezéchiel 45 : 9.
2. Le camarade demanda grâce de la même façon que le serviteur qui vient d’être pardonné, mais cette demande
fut rejetée : Matthieu 18 : 29,30 ; Philémon 18,19.
3. L’attitude du serviteur impitoyable pardonné indigna tous ceux qui l’avaient observé : Matthieu 18 : 31 ;
Psaume 119 : 158 ; Luc 19 : 41 ; Hébreux 13 : 3.
4. Le roi, en entendant ce qui s’était passé, appela le serviteur pour rendre compte, et le livra aux
bourreaux jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait : Matthieu 18 : 32-34 ; Luc 19 : 20-24 ;
1Thessaloniciens 1 : 8,9.
IV Le Pardon Recommandé
1. Nous devons ainsi pardonner à notre frère, si nous nous attendons à un pardon quelconque de la part de
notre Père Céleste : Matthieu 18 : 35 ; 6 : 14,15 ; Proverbes 21 : 13 ; Jacques 2 : 13.

COMMENTAIRE
Etre pardonné, c’est merveilleux, mais avoir un cœur qui pardonne, c’est une grâce plus grande. Considérons ce que Dieu a fait pour nous. Lorsqu’il nous sera permis d’entrer au Ciel et de jouir des nombreuses bénédictions de cette Cité Céleste, ce sera le résultat de l’amour de Dieu pour notre âme, et de son pardon de nos péchés. « Heureux celui à qui la transgression est remise, à qui le péché est pardonné » (Psaume 32 : 1). Aucun péché n’entrera au Ciel, car « le péché est la transgression de la loi » (1Jean 3 : 4). « Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville » (Apocalypse 22 : 14).
Le Pardon du Chrétien
Lorsque Pierre vint vers Jésus et lui posa la question : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il pèchera contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? » Pierre savait qu’il était impératif de pardonner. Jésus avait déjà enseigné cette leçon à Ses disciples, et ils ne l’avaient pas oubliée de si tôt. Lors du Sermon sur la montagne, Jésus apprit à Ses disciples de prier sur ce modèle-là, prière inclusive connue des Chrétiens du monde entier. Un des thèmes principaux de cette prière était : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6 : 12). En ce moment-là, Jésus mit l’accent sur l’importance du pardon : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » (Matthieu 6 : 14,15).
Ancien Et Nouveau
La règle de conduite parmi les Juifs était de ne pas pardonner plus de trois fois. Lorsque Jésus révéla comment il fallait traiter un frère qui a offensé (Matthieu 18:15), Pierre comprit qu’une loi manifestant plus de tendresse devait prévaloir dans l’Église qu’elle ne l’était dans les synagogues. Peut-être il sentit que sa compassion et sa charité étaient très grandes lorsqu’il exprima la bonne volonté de pardonner jusqu’à sept fois.
Il n’est pas facile à l’homme moyen de pardonner surtout quand la faute avait causé beaucoup de préjudices ou une grave blessure ou grande détresse. Demander pardon est aussi difficile pour un coupable. Même quand il sait qu’il a mal agi, c’est si rare qu’il admette sa culpabilité ! Mais combien il parlera rapidement pour défendre ses actes pour aller jusqu’à couvrir sa faute ! L’homme semble être naturellement vindicatif. La vengeance est le motif naturel d’un pécheur, mais elle n’a pas de place dans les cœurs des enfants de Dieu. « A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur » (Romains 12:19). Pierre a parfaitement appris cette leçon, car il écrivit dans son épître : « Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure ; bénissez, au contraire, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction » (1Pierre 3 : 9).
Une Autre Leçon
La réponse de Jésus à la question était la suivante : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois. » Le Seigneur donne un nombre si grand qui selon toute vraisemblance ne peut pas être atteint par une personne pour montrer qu’il n’y a pas de limite au nombre de fois que nous devons pardonner et qu’il n’y a pas de limite à l’étendue du pardon que nous devons avoir dans notre cœur. Jésus n’avait pas l’intention de dire que nous devons noter en aucune façon les fautes commises par nos frères contre nous mais Il laissait entendre que nous devrions pratiquer le pardon de nos offenses constamment jusqu’à ce que cela devienne naturel et entièrement sincère. Il y a quelque chose de malveillant dans le fait de noter les fautes que nous pardonnons, comme si nous allions nous venger lorsque la mesure sera pleine. La paix est préservée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, en ignorant les préjudices, sans compter leur fréquence, les pardonnant et les oubliant comme Dieu pardonne et oublie nos fautes commises contre Lui, lorsque nous nous repentons. Dieu multiplie Son pardon (Psaume 78 : 38) ; et nous devons agir de même si nous espérons une quelconque miséricorde pendant le jugement.
Jésus fait une Illustration
Pour illustrer davantage combien important est le pardon, et comment peu de gens pardonnent tout au plus, en comparaison du pardon qui leur est accordé, Jésus dit la parabole du serviteur impitoyable. Elle renforce la règle qui venait d’être établie pour Pierre et montre le contraste entre la patience de pardonner de Dieu et la cruauté impitoyable de l’homme.
Le roi dans cette parabole ne se réfère à personne d’autre qu’à Dieu, et les serviteurs, ce sont les habitants de la terre. Un serviteur qui devait 10.000 talents fut conduit devant le roi. Un talent en argent est estimé à plus de 1.000 dollars (600.000 CFA), ce qui fait que la dette du serviteur est au moins évaluée à 10.000.000 de dollars (6.000.000.000.F.CFA environ). Comment était-il donc arrivé à être si endetté ? Tout péché commis est une dette envers Dieu, non pas comme une dette à l’égard d’un égal mais envers un supérieur. Elle est semblable à la dette qu’un serviteur a contractée à l’égard de son maître, par son refus de travailler, ou par le gaspillage des biens de son maître. Nous sommes tous des débiteurs. La dette doit être payée. Nous sommes soumis aux exigences de la loi de Dieu. La Rançon du Calvaire, le Sang de l’Agneau, appliqué sur notre cœur et notre vie, est la seule chose qui puisse solder notre compte.
Il est tenu une comptabilité de ces dettes et Dieu fait des calculs avec nous les concernant, et Dieu nous demande leurs comptes. Il nous rappelle constamment par notre conscience qu’Il nous fera rendre compte ; mais certains persévèrent dans leur propre voie sans faire attention. Occasionnellement, ils sont conduits face à face avec le jugement, pendant qu’ils sont encore vivants ; leur cas semble être celui de ce serviteur. Il se rendit compte de sa grande dette, et il comprit aussi qu’il n’avait rien pour la payer.
Les Exigences de la Justice
Si Dieu voulait nous traiter strictement selon la justice, nous serions tous condamnés en tant que débiteurs insolvables. La justice exige le paiement d’une dette. Le serviteur avait contracté cette dette volontairement et avec prodigalité, cependant, il devait précisément être abandonné pour subir les conséquences. « Son maître ordonna qu’il fut vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait et que la dette fût acquittée » (Matthieu 18:25). C’est avec de telles choses que le remboursement devait être effectué, car il est impossible que la vente d’une chose sans valeur puisse suffire à payer une dette aussi importante.
Tout Pardonné
Il n’y a qu’une seule voie d’espérance pour un pécheur convaincu : c’est de s’humilier devant Dieu et de chercher le pardon. Cette échappatoire fut essayée par le serviteur qui implora son maître et lui demanda miséricorde. Il reconnut la dette, et demanda la patience de son maître et un délai, mais c’est une folie d’espérer que cela seul allait sauver. Le répit n’est pas le pardon. Lui qui n’avait rien pour payer ses dettes, croyait qu’il pouvait tout rembourser ; mais son maître par sagesse et miséricorde, et par pure compassion pour lui, pardonna tout parce que le serviteur s’humilia, et demanda miséricorde. Il se retira de la présence du roi, totalement libéré ! Bien que la dette fût exorbitante, le roi pardonna tout. C’est ainsi que nos péchés, quoique flagrants et très nombreux peuvent être pardonnés selon les termes de l’Évangile : « Il ne nous traite pas selon nos péchés, il ne nous punit pas selon nos iniquités » (Psaume 103 : 10).
La Miséricorde Oubliée
Maintenant, la parabole a fait pénétrer la leçon du pardon dans notre cœur. Le serviteur à qui l’on avait si largement remis la dette de 6.000.000.000F CFA, saisit son compagnon qui lui devait 100 deniers (environ 9.000F CFA), l’étranglait et exigea le remboursement immédiat. Le compagnon s’humilia, se jeta aux pieds du serviteur et demanda qu’il eût patience envers lui, et lui accordât du temps pour payer la dette. Le serviteur cruel ne voulut rien savoir, mais alla le jeter en prison jusqu’à ce qu’il eût payé cette dette quoique petite et insignifiante.
Tous les camarades ayant vu ce qui s’était passé, étant très attristés, racontèrent à leur maître tout ce qui avait eu lieu. Si les péchés des hommes affligent les serviteurs de Dieu, combien plus n’affligeront-ils pas l’Esprit de Dieu, car l’omniscience du Seigneur remarque tout péché. Les Chrétiens peuvent souvent trouver l’occasion d’être attristés à cause des pécheurs, mais cela doit être aussi l’occasion de prier. Les lamentations du Chrétien devaient être apportées et abandonnées à Dieu, car ce faisant, il trouvera un moyen d’être soulagé de tels fardeaux.
« Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit : Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié ; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi » ? (Matthieu 18 : 32,33). Celui qui ne pardonne pas ne sera pas non plus pardonné. Tout ce que ce serviteur a pu faire, c’était de jeter son compagnon en prison, mais il fut lui-même livré aux bourreaux par le roi.
Notre Devoir
Ainsi, le devoir de pardonner peut être vu, et l’on doit pardonner de tout cœur. Aucune méchanceté ne peut être hébergée là, ni une malveillance envers quiconque. Aucun projet de vengeance ne doit être hébergé, ni désir de vengeance, comme il y en a chez certains qui extérieurement, paraissent paisibles et tolérants. « L’Eternel regarde au cœur » (1Samuel 16:7) et, si une quelconque de ces choses est présente, l’œil de Dieu qui voit tout la détectera sûrement.
Si quelqu’un se trouve confronter à ces choses, il peut prier pour avoir plus de grâce. « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » (Jacques 4:6). L’importance d’avoir cette grâce de pardonner se comprend facilement quand on se rend compte que cela est nécessaire pour pouvoir préserver l’unité de l’Évangile, l’unité de foi et de but dans le corps des croyants. Parfois, il arrive des choses qui introduisent une croix ou une discorde entre deux membres de l’église ; et à moins qu’il n’y ait un esprit de repentance d’une part et le pardon d’autre part, il n’est pas possible de restaurer l’unité. L’unité au sein du corps de Christ est nécessaire pour maintenir haut le standard de la Parole de Dieu.
La nécessité absolue du pardon est encore révélée lorsque le pardon est observé à la lumière de la prière. Personne ne peut atteindre Dieu par la prière ni recevoir une réponse de Sa part à moins qu’il n’exerce le pardon. « Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » (Marc 11 : 25,26). Jésus réitéra cette pensée sur le pardon qui est essentiel, lorsqu’Il dit : « Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande » (Matthieu 5 : 23,24). Les offrandes et les prières ne sont acceptées que lorsque le pardon est manifesté dans le cœur et dans la vie de l’homme qui vient à Dieu.
QUESTIONS
1. Combien de fois Pierre pensait-il qu’il devait pardonner à son frère ?
2. Avant ce temps, Jésus avait-il dit quelque chose concernant le pardon à Ses disciples ?
3. Combien de fois les Juifs dans les synagogues voulaient-ils bien pardonner ?
4. Quelle fut la réponse de Jésus à la question de Pierre ? De notre temps, qu’est-ce que Jésus attend de nous à cet égard ?
5. Dans la parabole des deux serviteurs, quelle somme le premier serviteur devait-il à son maître ?
6. Quelle somme le second serviteur devait-il à son compagnon ?
7. Que fit le maître à son serviteur ? Pourquoi ?
8. Comment le serviteur traita-t-il son compagnon ?
9. Quelle leçon tirons-nous de cette parabole ?